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Interview de Julien GERARD, photographe et co-fondateur des Editions Miwa

Il y a quelques mois, lors d’un répérage virtuel (entendez, voyager sans quitter son canapé !), j’ai découvert les vues aériennes du Bénin, issues du livre “Souflle, le Bénin vu du ciel”, signées Julien GERARD. Sur le terrain, de Ganvié à Ouidah, en passant par Abomey, le souvenir de ses prises de vue m’a accompagné et plusieurs questions restaient sans reponse… Qui est donc le personnage caché derrière son objectif ? Comment un pompier marseillais en arrive à faire de la moto au Bénin ? Quels projets a-t-il dans sa manche ? Partons ensemble à la découverte de ce talentueux et infatiguable photographe…

Interview par Diane LALLEMANT.

Bonjour Julien GERARD,

De quelle origine es-tu ?

Je suis afro-alsacien !

Plus sérieusement, je suis très attaché à mes origines alsaciennes et je suis béninois, de coeur.

Quel a été ton premier sujet photo ? Quels souvenirs en as-tu conservé ?

Je fais de la photographie argentique depuis mes 12 ans. J’ai commencé avec mon oncle, qui m’a enseigné les bases.

En 2000, j’étais volontaire au service national militaire au sein du Bataillon des Marins Pompiers de Marseille. Pendant mon incorporation je suis parti une semaine en Corse. Il y avait les plus gros feux de forêt depuis 50 ans et les Sapeur-Pompiers sur place étaient complètement dépassés. J’avais une dizaine de pellicules avec moi. Impossible de faire de photos des feux car j’étais là, avant tout, pour les éteindre. Mais j’ai pas mal documenté les scènes de désolation et la vie des Pompiers sur place, une fois le feux éteint. C’était mon premier sujet. Il n’était pas construit. Il n’y avait pas d’angle…

J’en ai conservé un souvenir assez grisant. A cette époque je ne pensais pas du tout devenir photographe professionnel, mais c’était une idée qui ne m’était pas déplaisante !

De marin-pompier à photographe, c’est un drôle de parcours. Tu nous en dis un peu plus ? Qu’en pensent tes proches ?

Le parcours est encore plus complexe !

Je n’étais pas un mauvais élève à l’école, mais je n’aimais pas ça et cela se voyait dans mes résultats scolaires. Après quelques tentatives ratées dans le circuit général, je suis parti en « BEP bois et matériaux associés ». Je n’aimais pas trop ça non plus, mais c’était facile donc je m’en suis sorti.

J’ai ensuite filé en Bac Pro, c’était intéressant mais ça faisait trop longtemps que j’allais à l’école ! J’avais besoin d’action ! J’ai intégré les Marins Pompier de Marseille. Après quelques temps, je suis rentré chez moi à Strasbourg, pour bosser en prévention incendie au Parlement Européen, puis dans une boite privée d’ambulances, au SAMU etc. Après 5 ans à faire de l’urgence exclusivement et je ne supportais plus mon travail. On y est confronté à beaucoup d’accidents de la vie et ça me déprimait. Un jour, suite à une engueulade avec mon patron, j’ai démissionné. Je n’avais rien en vue, pas très envie de rester dans le monde du paramédical et aucune idée de quoi faire. Pas simple…mais à cette époque, je faisais déjà des petits jobs photos.

Une semaine après ma démission, alors que j’étais en prestation, pour réaliser des photos événementielles, dans une soirée de clôture d’un séminaire de société dont les employés venaient des quatre coins de la planète, je me suis retrouvé à boire un verre avec un type basé à Dubaï, un autre à Singapour et un en Afrique du Sud. Moi qui rêvais de voyages, j’étais cerné ! En rentrant à 5 heures du matin, je découvre que mon père avait tenté de me joindre à plusieurs reprises. Un de ses clients cherchait un second photographe pour l’épauler. Il s’agissait de faire des photographies pour illustrer des plaquettes publicitaires des lycées français de l’étranger en Afrique, au Moyen Orient et en Europe de l’Est. Heureux hasard, non ? Je n’ai pas beaucoup dormi ! Le lendemain, j’étais en ligne avec le client en question. Une semaine après, je rencontrais son photographe et lui présentait mon book. Il était le décisionnaire, pour son client. On discute et je lui parle de mon parcours. Il aime mes photos, mais il me dit que ce n’est pas ce qu’il veut voir. “De belles photos, c’est bien. Mais ça donne quoi sur un sujet complet ? ». Mes photos de la soirée événementielle tombaient à point nommé. Il les a validé immédiatement.

J’avais quitté mon emploi d’ambulancier, en novembre. En décembre, je rencontrais le photographe à Strasbourg. En février, je m’envolais pour Dakar, pour ma première commande en tant que photographe !

La première année fut difficile. Pour joindre les deux bouts, je bossais en intérim dans une société d’ambulances. Je me souviens d’un lundi, assis dans l’ambulance, à me demander si je n’avais pas rêvé : la veille, je rentrais du Ghana !

La seconde année, le photographe, avec lequel je travaillais, a arrêté et j’ai récupéré le shooting de tous les lycées, soit une quinzaine par an.

Par rapport à mes proches, ça a pris du temps. Ma mère est très fière de mes photos, mais n’est pas dans le monde de l’entreprenariat. Je pense qu’elle avait un peu peur pour mon avenir. Mon père, lui, a entrepris toute sa vie et connaît les difficultés. Avec son métier il a vu la profession de photographe changer et il n’était pas rassuré. Je crois qu’il est plus apaisé depuis que j’ai monté, en 2019, les Editions Miwa avec ma femme, Peggy. Cela aura pris 10 ans !

Les derniers événements crédibilisent également ma démarche. Il y a eu la sortie de mon premier livre « SOUFFLE, le Bénin vu du ciel ». Et là, j’enchaîne avec le lancement du concours Les 100 plus belles photos du Bénin et l’édition en fin d’année du livre issu de ce concours… Avoir une préface signée par Yann ARTHUS-BERTRAND et être en contact avec le ministère du tourisme béninois, ce n’est pas rien !

Un souvenir amusant, émouvant, de ta carrière de photographe ?

D’abord, il faut savoir que j’ai toujours eu de l’empathie pour les gens. Mon métier de photographe m’a amené à rencontrer beaucoup de personnes. Ces rencontres ont parfois été éphémères, mais j’en garde de très bons souvenirs. Je pense à Petra, Myriam, Jean-Paul, Alain, Amaury, mon frère Kounta, Arolando, Djamal, les Moines birmans, mes interlocuteurs dans les lycées, Tarwa et bien d’autres…

Mon frère du Bénin, Kounta

Côté souvenirs, j’en ai plein !

Un jour, mon client m’a envoyé faire des photos dans un lycée. Il se trouve que je connaissais bien le Proviseur de cet établissement, il était auparavant à Strasbourg et il m’a fait redoubler 2 fois ma seconde ! Il se souvenait très bien de moi, également : il nous avait souvent convoqués dans son bureau, mon père et moi ! C’était très sympa de le revoir. Ma position était beaucoup plus confortable. Il a même demandé des nouvelles de mon père, en rigolant. En me présentant ses collègues, il leur disait que j’étais SON échec qui avait le mieux réussi. C’était touchant et je l’ai pris avec beaucoup de fierté. Le soir, au restaurant, il m’a confié que c’était toujours un déchirement et un échec personnel quand il voyait des élèves en échec scolaire. Surtout lorqu’ils avaient du potentiel… Il était heureux de mon parcours.

J’ai vécu un moment très émouvant aussi avec Peggy, ma femme. On était au Bénin. Je faisais des photos au drone pour mon livre. Au moment où je lui ai dit “elle est bonne, c’est la dernière”, elle s’est mise à pleurer. Elle savait que c’était mon plus gros projet à ce jour.

Enfin, l’année dernière, alors que j’étais en France dans un train, j’ai reçu un appel de M. José PLIYA, Directeur de l’Agence National de promotion du Patrimoine et du Tourisme du Bénin (ANPT). Il me contactait pour me demander d’envoyer, en urgence, des photos à la chaine nationale du Bénin : le Président Patrice TALON participait à une émission le soir même et souhaitait avoir mes photographies en fond, pour illustrer ses propos. La chaine manquait de temps, donc cela n’a pas abouti, mais c’est une belle reconnaissance !

Quels sont tes clients ? Ceux que tu rêves secrètement d’approcher ?

Mes principaux clients sont les lycées français à l’étranger, mais cela passe via une agence de communication, basée à Roubaix. Je travaille avec eux depuis 12 ans maintenant ! J’ai bossé avec de nombreuses autres entreprises, mais depuis que j’ai les Editions Miwa, je me concentre uniquement sur les livres et les lycées.

La seule exception, c’est IFAW (International Fund for Animal Walfare), une ONG américaine qui a un programme incroyable au Bénin. Ils forment des maîtres chiens et des chiens pour mettre fin au trafic d’espèces menacées, ivoires, écailles de Pangolin, etc. Le sujet est super intéressant et j’en fais le suivi photographique. Pour l’Edition, je travaille avec des entreprises au Bénin et suis particulièrement fier de bosser avec l’ANPT ainsi que le Ministère du Tourisme.

Mon rêve maintenant est d’obtenir des publications dans de grands magazines tels que Géo, National Géographie, etc. Je travaille dur pour accéder à ces rêves ! J’ai récemment intégré un Collectif de photographes : le Collectif DR. Initié par 3 photographes, Fred MARIE, Vincent WATRNER et Jean-Raphaël DRAHI, Collectif DR a la particularité de proposer des formations pour s’améliorer en tant que photo-reporter. “Comment préparer ses sujets”, “comment approcher la presse”, ça ne s’invente pas. C’est une belle opportunité de pouvoir bénéficier de l’expérience des 3 initiateurs de ce collectif et d’échanger avec des collègues photographes !

Pourquoi cet amour pour le Bénin ?

Je suis arrivé au Bénin, un peu par hazard.

En 2009, j’étais à Lomé (Togo) pour bosser avec le lycée, lorsque mon client m’a demandé d’aller au Bénin. J’ai alors découvert Cotonou. Avant de reprendre mon avion, je fais un detour par Ganvié, puisque tout le monde m’avait fortement invité à m’y rendre. Sur place mes yeux de photographes n’en reviennaient pas ! Quand on est photographe, il y a de rares fois où lorsqu’on appuie sur le déclencheur, on sait que la photo rentrera dans le top 10 de nos photos. C’est le cas pour la toute première photo prise à Ganvié. Evidemment, je suis ensuite retourné au Bénin, chaque année pour renouveler les photos du Lycée. J’ai systématiquement prolongé mon séjour pour faire des photos plus personelles. Un jour de 2017, je suis resté deux ans ! J’ai aussi fait le tour du Bénin avec une moto Sanya, une marque chinoise, en 2012 : 3000 kilomètres ! Au Bénin, j’ai rencontré des gens formidables. C’est un pays incroyable, d’une richesse culturel extraordinaire. Il y a beaucoup à faire pour un photographe !

Bénin, Ganvié, avril 2009.

Tu as sorti ton premier livre Souffle, Bénin vu du ciel en 2019, aux Editions Miwa. Pourquoi avoir lancé ta propre maison d’édition ?

Dans un premier temps, j’ai cherché une maison d’édition. C’était compliqué parce qu’à l’époque, je n’avais aucune connaissance du milieu. J’ai alors décidé de m’auto-édité. Mon modèle économique ne m’obligeait pas à sortir d’argent de ma poche pour payer l’impression, très élevé, de mes livres. L’idée de créer Editions Miwa n’est venue que plus tard.

En fait, j’étais au Kenya alors que Peggy réceptionnait les livres en douane à Cotonou. Elle devait ensuite les livrer aux entreprises clientes. J’avais pris un gros retard et j’étais assez stressé. J’aidais Peggy à distance et ce n’était pas simple. Qui connaît les douanes béninoises (je ne connais pas les autres mais ça doit être pareil), sait que c’est assez particulier et la personne qui n’en a pas l’habitude peut devenir dingue ! Peggy n’avait pas l’habitude… Elle arrive, par miracle, à tout livrer avant 18h. Le soir au téléphone, moralement épuisés, nous nous sommes promis que c’est le premier et le dernier livre auto-édité ! Le lendemain, Peggy s’envole pour la France. Je fais de même, depuis Nairobi. Nous nous retrouvons en escale à Casablanca. Je découvre alors mon propre livre imprimé. A peine terminé, je lui dis : « Tu sais quoi, on va monter une maison d’édition ! ». Je ne sais pas si, sur le moment, elle m’a pris au sérieux, mais je suis persuadé qu’elle a dû se dire que j’étais complètement fou ! Nous voilà maintenant dans cette belle aventure…

(Le livre est disponible à la vente ici)

Quels autres projets caches-tu dans ton sac de photographe ?

J’en ai des tonnes ! Au moins un, par jour… Beaucoup d’idées sont bonnes à mettre à la poubelle, soit parce qu’elles ne sont pas en rapport avec la photographie, soit parce qu’elles ne sont pas dans mes compétences (développeur d’appli si vous me lisez !), mais j’ai également plein d’idées de livres, au Bénin, Maroc, Mauritanie, Kenya… Il y a bien des choses et des sujets à traiter !

Durant le confinement, alors qu’une grande partie du monde était à l’arrêt, tu as initié un concours nommé Les 100 plus belles photos du Bénin. D’où t’est venue cette idée ?

Depuis la création des Editions Miwa, j’avais envie de faire un livre au Bénin, avec des photographes béninois. Mais en tant que photographe, je devais prioriser et m’atteler à mes propres projets de livres en cours. Ensuite, ayant participé à plusieurs éditions du Concours des Photographies de l’Année, je sais la portée que ce type d’événement peut avoir pour les participants. Je me suis dit que c’était la bonne voie à suivre. Puisque personne ne pouvait bouger, il fallait profiter de ce moment pour en sortir quelque chose de positif et de constructif. Le Concours Les 100 plus belles photos du Bénin a germé et éditer un livre à son issue m’a semblé une évidence. La visibilité, les expositions et les bourses, qui seront offertes, aideront, c’est certain.

L’objectif, c’est vraiment de mettre en avant le talent des photographes béninois et de valoriser le Bénin, son patrimoine, sa culture, son histoire… Tout ce qui fait le charme de ce pays d’Afrique de l’Ouest, véritable terrain de jeu pour les photographes professionnels ou amateurs, béninois et d’ailleurs. Une fois l’idée lancée, j’ai ressemblé une équipe, motivée et polyvalente, pour avancer. Peggy, mon épouse, gère en priorité la partie juridique. Diane, tu poses des questions, rédiges et fais des liens avec diverses personnalités ou institutions. Moi, je m’occupe à la fois du volet technique, informatique et financier. Une graphiste interviendra ensuite pour la mise en page. On avance drôlement bien, tous (toutes ?!) ensemble !

De bonnes surprises liées à ce concours ? Des difficultées rencontrées ?

Il y a déjà des photos sympas qui ont leurs chances, mais, en éternel insatiable que je suis, j’attends des photographies encore plus étonnantes ! Il reste un peu plus d’un mois pour participer au concours et comme à l’accoutumée, je pense que certains photographes participeront un peu au dernier moment… Alors, dépêchez-vous de participer !

Côté esthétique et technique de prise de vue, il n’y a rien à redire : c’est propre, bien cadré. Mais être photographe, ce n’est pas uniquement faire des photos. C’est aussi être capable de répondre à un cahier des charges. Et c’est là où nous sommes plus gênés. Il y a de trop nombreuses participations qui ne respectent pas les consignes du règlement du concours. Je trouve qu’il y a un manque de rigueur, de sérieux. Je m’explique…

A l’issue du Concours, nous allons éditer un livre. Nous avons donc des contraintes techniques sur la qualité des fichiers, pour la mise en page choisi. Ces contraintes sont inscrites sur le règlement du concours et rappelées systématiquement lorsqu’il faut télécharger un fichier. Or, trop de photographes, amateurs ou professionnels, envoient des photos qui ne les respectent pas : mauvais format, mauvaises dimensions, basse définition… Ces photos ne pourront pas être utilisées et leurs auteurs ne seront donc pas sélectionnés. C’est vraiment dommage car parmi ces photos, j’en ai vu des bonnes… 

Idem, pour les légendes et biographies, là aussi il y a des erreurs qui peuvent être évitées. Nous avons besoin de vraies légendes et non d’une suite de mots clés, par exemple. On va être sympa pour les textes et tout réécrire. On n’en tiendra pas compte dans la sélection. Mais en revanche, les fichiers en basse définition ou verticaux, etc… on ne pourra rien en faire. Ils seront obligatoirement écartés du concours. C’est dommage.

D’ailleurs toute cette aventure avec le concours me donne des idées : je me verrais bien organiser une Masterclass au Bénin !

Comment as-tu rassemblé le Jury de sélection de ce concours ?

J’ai tout simplement fait appel à des professionnels de la photo que je connaissais. Ils ont rapidement répondu favorablement. On voulait une parité homme / femme et français / béninois. Là c’était plus compliqué, mais à force de chercher, on y est presque. Avec le réseau et les contacts, je pense qu’on a réussi à composer un jury assez varié et de qualité : photographes, journalistes, fins connaisseurs du Bénin… Je réserve, encore, une bonne surprise ! Vous la découvrirez quand je ferai la publication de son interview…

Comment cela va-t-il valoriser les photographes professionnels ou amateurs ?

Nous sommes en pourparler avec le Ministère du Tourisme pour une pré-commande de livres. Si cela se fait, ce sera un excellent moyen de diffusion du livre. Ce sera également une belle promotion pour les photographes sélectionnés. La préface du livre sera signée par Yann ARTHUS-BERTRAND. Ce photographe, reporter, réalisateur, qu’on ne présente plus, connaît bien son domaine et c’est un honneur de le compter parmi les soutiens à cette initiative. Les photographes, qui sont malins, auront un bel outil et un bon argument à faire valoir quand ils présenteront leur travail…

Pour moi le livre, c’est un peu le Saint Graal pour un photographe. Alors certes, ce livre sera une œuvre collective, mais je pense que c’est un bon début. Puis, on ne sait jamais, ça peut ouvrir la voie à d’autres collaborations, d’autres projets d’éditions !

Peux-tu nous rappeler les principales étapes de ce Concours ?

Jusqu’au 6 septembre 2020, les photographes peuvent participer au concours. En parallèle, avec mon équipe, nous sommes toujours à la recherche de partenaires pour pré-vendre le livre.

En septembre, ce sera au tour du jury de bosser, en départageant les photos.

On lancera dans la foulée un crowdfunding pour vendre le livre.

Enfin, on espère une diffusion pour le mois de décembre (si la Covid ne vient pas gâcher le fête) avec une soirée/expo de lancement et remise des résultats…

En parallèle des Editions Miwa, tu travailles sur un projet nommé Collection Miwa. En quoi consiste-t-il ? Quels sont les objectifs de ce nouveau projet ?

Pour mon premier livre, « SOUFFLE, le Bénin vu du ciel» qui était auto-édité, j’ai eu pas mal de difficultés pour le faire connaître en dehors du Bénin et du cercle des amoureux du Bénin, à travers le monde. Le réseau classique (distributeurs et libraires) n’est pas forcément adapté à l’auto-édition ou à la micro-édition. Les géants comme Amazon et autres prennent des margent incroyables. Il manquait dans le paysage du livre photos, une plateforme dédiée à la promotion de ce type de livres. On (les photographes) fait tous notre sauce dans notre coin et on se débat pour vendre nos livres. On ne travaille pas ensemble. C’est idiot, chronophage et épuisant ! Chacun se bat dans son coin, alors que nous ne sommes pas en concurrence et que nous serions bien plus efficaces, ensemble. Un client qui va acheter mon livre, en rachètera peut-être un second pour l’offrir, mais il ne va pas offrir toujours le même livre. Sachant que pour sortir un nouveau livre, un photographe mettra au moins un an, ce client sera, au mieux, un client en sommeil, au pire, un client perdu. Alors qu’il pourrait sans doute être sensible au livre d’un collègue photographe…s’il savait où le trouver… Il fallait trouver une solution pour mutualiste nos communautés, je pense. De ce constat est parti le projet Collection Miwa. L’objectif de ce projet sera donc de proposer une sélection de livres photos auto-édités ou édités à moins de 2000 exemplaires. Des livres rares, en quantité réduite… Nous ne vendrons pas en direct. Nous ne ferons que dispatcher les clients directement sur la page de vente des photographes. L’achat ne sera pas aussi impersonnel que dans une librairie. Le client pourra par exemple demander directement au photographe de faire une dédicace. Sympa pour faire un beau cadeau !

Le lancement de la plateforme est prévu pour septembre prochain… Une autre belle et grande aventure en perspective !

Merci Julien GERARD pour ton interview !

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